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Interview

Interview Cyril Juvenil Assomo : « le théâtre m’a choisi »

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A l’occasion de la journée internationale du théâtre qui s’est célébrée le vendredi 27 mars dernier Moutoumbou a mené un entretien avec Cyril Juvenil Assomo. C’est un homme de théâtre camerounais.

1- Qui est Cyril Juvenil Assomo ?

Je me nomme Assomo Juvenil Cyril. J’ai 28 ans. Je suis camerounais. Je suis praticien du théâtre depuis environ 12 ans : dramaturge et comédien. Parallèlement je suis doctorant production théâtrale à l’université de Yaoundé 1, institution au sein de laquelle I j’exerce très souvent en tant qu’enseignant vacataire.

2- Pourquoi avoir choisi le théâtre comme moyen d’expression artistique ?

C’est une question à deux volets je pense. Parce que lorsque vous me demandez « pourquoi avoir choisi le théâtre comme moyen d’expression artistique », cela renvoie d’emblée à parler du volet scénique et du volet écriture.

Le théâtre m’a choisi

Je vais donc d’abord répondre globalement pour dire que j’ai l’impression que le théâtre m’a choisi. Je n’en suis pas encore totalement convaincu, mais cette conviction me submerge de plus en plus. Ceci tout simplement parce que rien ne me prédestinait à faire du théâtre dans la vie. Lorsque j’ai débarqué à l’université en 2008, c’était dans le but d’étudier le cinéma. J’étais alors fasciné par les scénarios des séries américaines telles que 24 chrono et Prison Break. J’arrive donc à l’université et je commence à étudier les Arts du Spectacle, le cinéma et le théâtre en tronc commun. Et c’est à partir de là, et à cause des exigences académiques, que je me vois quelques fois obligé d’écrire ou de jouer. Puis petit à petit naitra mon amour pour l’art théâtral et surtout son écriture. J’abandonne plus tard le cinéma pour me concentrer définitivement sur le théâtre. Mais il faut également dire que le cinéma est un art assez onéreux. Cela n’est plus à démontrer. Du coup je pense qu’il y a eu en outre le contexte matériel peu propice à la pratique sereine du cinéma au Cameroun qui m’a incliné vers le théâtre.  Néanmoins, je ne regrette vraiment pas ce choix. M’exprimer au théâtre en tant que comédien m’a toujours permis de retrouver beaucoup de choses, d’en sublimer beaucoup d’autres, notamment mes frustrations. Il en est de même lorsque j’écris.

Faire du théâtre me permet de recréer des mondes donc de m’exprimer assez librement en récréer mes mondes du rêve.

3- Cyril Juvenil Assomo quel est votre parcours théâtral ?

Je n’ai pas un parcours reluisant. Mon CV théâtral n’est pas bavard. Je maîtrise assez le théâtre pour l’avoir étudié intensément. Pour ce qui est de mon parcours, il faut dire, j’ai commencé à faire du théâtre en 2008. Avant cela je n’étais jamais monté sur une quelconque scène. D’ailleurs j’étais très timide. Je le suis toujours. Et j’ai eu la chance depuis lors de jouer exclusivement au Cameroun. Pour l’instant toutes les opportunités hors du territoire national n’ont pas toujours abouti.

Sur la scène

J’ai d’abord joué dans Ulbu Cocu d’Alfred Jarry à l’Université de Yaoundé I, dans une mise en scène par Calvin Yadia. Puis dans Un homme ordinaire pour quatre femmes particulières de Slimane Benaïssa mise en scène par Paulin Essako. On l’a joué à l’Institut Français de Yaoundé deux ou trois fois je pense.  C’était dans les années 2012-2013 comme ça. Avant cela j’ai officié comme régisseur son pour la Compagnie Les Blue Leaders. dans le cadre de la création de la pièce Bintou de Koffi Kwahulé. Nous avons eu des distinctions à travers ce spectacle très couru.

Cyril Juvenil Assomo sur scène en 2017

Et après cela j’ai fait la rencontre du metteur en scène Landry Nguetsa de la compagnie Emintha, ma compagnie, avec lequel on a monté bon nombre de projets, inaboutis et aboutis. J’ai joué principalement sur sa mise en scène de Père Inconnu de Pabé Mongo. Depuis le mois de janvier et ce jusqu’au confinement volontaire des membres d’Emintha, nous étions en train d’achever la création de 15 janvier 1971, un texte de Charles Soh.
Près de la scène j’ai travaillé sur la communication de l’acte 1 de l’atelier de formation Scènes de Femmes de la compagnie Emintha. Puis tout récemment en 2019, j’ai eu le privilège d’assister l’artiste rwandais Eric Ngangaré lors de son passage au Cameroun dans le cadre de la semaine artistique The Burden of Memory.

Sur le papier

Et au niveau de l’écriture j’ai écrit beaucoup de texte. Notamment un livre est publié chez Edilivre il s’appelle Les enfants du péché. J’ai plein de textes dans mes disques durs. J’ai écrit Le précieux Présent de la Petite Reine qui m’a permis d’être Goethe découverte littérature 2018 au Cameroun, et Finaliste du prix RFI théâtre en France en 2019. J’ai créé un texte intitulé Passé Présent Futur Kamerun. Comme je vous le disais tantôt, je n’ai pas une grosse grosse expérience. Les opportunités il n’y en pas toujours pour la grossir.

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4- Quelle est votre plus belle scène ?

Je ne sais si j’ai une plus belle scène.  Oui, ma plus belle scène malheureusement c’était hors de la scène. (Rire !)  Pour être sincère, je suis un être un peu bizarre qui n’accorde pas trop d’importance aux souvenirs. Ma mémoire ne retient pas grand-chose, je lui en veux d’ailleurs pour cela ; mais j’ai plutôt l’impression que mon corps retient plutôt les sensations.

Ma plus belle scène c’est lorsque j’ai vu presque 200 personnes rassemblées pour écouter et voir la matérialisation le texte que j’avais écrit.  C’était l’année dernière le 28  juin 2019 lorsque ma pièce Passé / Présent / Futur Kamerun qui a été mis en scène par Jens Vilela Neumann se jouait à l’Institut Goethe de Yaoundé. C’était vraiment quelque chose de fabuleux. Ça m’a énormément ému. Mais depuis lors j’ai tourné la page. Ça reste juste des souvenirs. Le meilleur c’est surement dans ce que je me bats à fabriquer au quotidien. Viendra ? Viendra pas ? J’observe.

5- Lauréat du PRIX Goethe Découverte Littérature. Racontez-nous votre expérience.

J’avais commencé un projet : Le précieux présent de la petite reine. Un projet d’écriture qui avait été inspiré par les attaques la secte islamiste Boko Haram dans notre pays. Je pense au début des années 2013. Mais j’ai commencé le projet en 2016. Et lorsque le Goethe a lancé la deuxième édition du Goethe Découverte, j’ai postulé avec ce projet. Et, j’ai eu la chance. Parce qu’être retenu ne veut pas toujours dire qu’on est le meilleur. Je ne pense pas. Il y a toujours dans l’art, dans les compétitions, une sorte de sensibilité des jurés qui fait parfois la différence. Et je pense que les jurés ont eu de la sympathie pour mon projet. Je l’ai par la suite finalisé. J’ai donc pris pratiquement 08 à 09 mois pour réécrire le texte, et retravailler la restitution publique de l’œuvre. Je l’ai faite sous forme de lecture spectacle avec Rosine Njoko, Audrey Rose comme j’aime l’appeler, et Landry Nguetsa en soutien.

Cela été une très belle expérience parce que c’était la première fois que l’une de mes œuvres était présentée en public et surtout accalmée.  Et c’est toujours une grande joie pour un auteur de se savoir acclamé. De savoir que les nuits passées en compagnie des bruits de son clavier ont finalement eu un certain écho favorable et ont pu recueillir des applaudissements. Dans le monde de l’art au-delà des bénéfices pécuniaires l’acclamation est l’une des plus grosses récompenses qu’un auteur ou qu’un artiste peut engranger. C’est de cette manière qu’il reçoit le plus sincèrement le merci du monde. C’est ce merci-là qui l’encourage à aller de l’avant. Donc le Goethe Découverte était une très belle expérience. Ça m’a apporté une certaine reconnaissance. Ça m’a ouvert les portes vers un autre projet qui m’a beaucoup aidé. C’est un peu ça l’expérience Goethe Découverte.

6- Le dramaturge camerounais vit-il de son art ?

Très belle question. Je peux y répondre très bien en tant que dramaturge et en tant qu’observateur de la scène dramaturgique de par les modestes recherches scientifiques que je mène.

« Le monde artistique en général est caractérisé par un chômage, une pauvreté extrême de bon nombre d’artiste. » Cyril Juvenil Assomo

Non ! Le monde artistique en général est caractérisé par un chômage, une pauvreté extrême du plus grand nombre d’artistes. Là c’est partout, quel que soit le domaine artistique. Pour dire en clair, sur cent artistes il n’y aura peut-être que quatre ou cinq qui vivent de convenablement de leur art. Il y aura certains qui se débrouilleront. Il y aura une masse qui ne verront jamais le moindre centime provenant de l’art. Et ça vaut pour la dramaturgie. Ça vaut pour les dramaturges camerounais.

Il y a des dramaturges camerounais qui vivent de leur art. Mais ils ne vivent pas de leur art grâce au circuit normal sinon principal. C’est-à-dire qu’ils ne vivent pas grâce à la vente de leurs livres. Vraiment il ne faut pas se leurrer. Ces dramaturges qui vivent de leur art au Cameroun mais la plupart du temps grâce à l’étranger. C’est-à-dire que leurs sources de revenu ne sont pas nationales. Ça peut être une opportunité liée à l’IFC (Institut Français du Cameroun), au Goethe Institut, au Centre Culturel Américain ou au British Council mais ce n’est pas Camerounais. Ça peut être des résidences d’écriture ; des mises en scène de leurs textes à l’étranger ; des bourses d’écriture à l’étranger mais ce n’est pas camerounais.

« Très peu de dramaturges camerounais vivent de leur art »

Bon ! Il y a certes quelques fois le Compte d’Affectation Spéciale qui lorsqu’il existait encore je pense soutenait quelques artistes dramaturges. Mais m’a-t-on dit, il a fermé entre temps. S’il faut donc me résumer, très très peu de dramaturges camerounais vivent de leur art.

Moi par exemple je vis de mon art sporadiquement.  C’est-à-dire que j’ai vécu de mon art dramaturgique deux à trois fois. Je travaille avec des dramaturges que j’interroge depuis un bon nombre de temps. Seul ceux qui évoluent dans le circuit international parviennent à grappiller quelques sous. Je ne vais pas les citer ici. Les observateurs du milieu théâtral camerounais les connaissent tous.

7- La journée mondiale du théâtre s’est célébrée le vendredi 27 mars dernier. Quelle est votre lecture du théâtre camerounais ?

C’est assez difficile à répondre. C’est assez difficile à répondre. Je ne vais pas venir chanter le même refrain. Mais malheureusement on est obligé de chanter le même refrain. Le théâtre va mal. Le théâtre camerounais ne se porte pas bien.

Il y a beaucoup de talents. Il y a énormément de personnes volontaires. Que ce soit au niveau des auteurs ; que ce soit au niveau des metteurs en scène ; ou alors au niveau des comédiens, des techniciens y compris. Il y en a, mais il y a aussi et surtout comme une sorte de découragement. C’est-à-dire qu’au fur et à mesure que le temps passe la situation va de mal en pis. J’avais déjà fait ce constat en 2014 lorsque je rédigeais mon mémoire de master.  On n’arrive pas à avoir un spectacle chaque semaine ne serait-ce que dans les grandes villes du pays. Je doute fort que la situation ait véritablement changé positivement. Il y a des personnes volontaires, des personnes passionnées. Mais, pour partir de la volonté, de la passion à la concrétisation d’une œuvre théâtrale et la soumettre à un public ce n’est pas toujours évident dans le contexte actuel. Ce n’est pas vraiment évident.

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Les problèmes du théâtre camerounais

Il se pose naturellement un problème de financement de la production. Nous avons un problème de lieu de diffusion. Mais aussi un grave problème grave de réception. Il n’y pas de public de théâtre. Et moi j’ai toujours analysé cela dans le sens macro. C’est-à-dire à l’échelle même du pays et de sa situation actuelle dans tous les domaines existentiels. Un grand nombre de Camerounais n’a pas de bon pouvoir d’achat. La situation économique du pays à l’exception de quelques domaines n’est pas reluisante. Tout le monde serre la ceinture, tout le monde se concentre sur l’essentiel, tout le monde court vers un bonheur illusoire ou éternel, dans les églises et lieux de joie. Trop de gens vivent mal dans ce pays, y compris les artistes qui doivent comme partout ailleurs dans le monde constituer l’un des premiers publics du théâtre. Et du coup je ne vois pas clairement comment eut égard à l’état du pays, la situation peut en être autrement pour ce qui est du théâtre. Parce qu’il y a des gens qui veulent venir au théâtre – je me retrouve parfois dans cette liste- mais qui n’ont pas toujours de moyens. Parce que le théâtre c’est un art qui coûte au spectateur de l’argent-temps, parfois plus que du cinéma. C’est vrai que le cinéma par excellence doit se vivre en salle. Mais de nos jours, le cinéma on peut se le procurer chez soi à la télé. Le vrai théâtre quant à lui on ne peut que le voir en salle. Il faut se déplacer. Il faut payer le taxi, subir les caprices des conducteurs de ces véhicules, les embouteillages. Et il vous payer parfois le prix d’entrée. Bref ! Je pense qu’il y a un problème économique qui tourne tout autour. Que ce soit au niveau de la production, la diffusion et même de la réception.

Il n’est pas normal qu’on loue le Centre Culturel Camerounais.

Et je ne sais pas si je dois encore dire ici que l’État doit faire quelque chose, quelque chose de plus convaincant. Parce que les quelques metteurs en scène et compagnies théâtrales qui ont encore le courage de produire se battent comme de beaux diables pour tirer justement ce diable par la queue. Il faut que l’État considère avec plus d’égards le théâtre et ainsi que tous les autres domaines artistiques. Il n’est par exemple pas normal qu’on loue le Centre Culturel Camerounais. Ce lieu, pourrait être un moyen d’encouragement pour les artistes. Le mettre à la gracieusement à disposition de tous les spectacles viables qui peuvent s’y produire parce que c’est ça le problème. Tu lances un projet de production mais tu demandes où vais-je le représenter ? Il faut que l’État mette la main dans la patte. Soutenir la production, soutenir les producteurs, leur procurer un pécule pour maintenir leur flamme et leurs missions sociales. Il faut également que nous les artistes, essayons de nous associer pour voir dans quelle mesure créer des réseaux de solidarité artistique contraignante comme ça se passe en Afrique de l’Ouest.

Donc pour résumer, la situation est celle d’un théâtre incertain.

8- D’après-vous quelle sont les figures marquantes du théâtre camerounais ?

Elles sont tellement nombreuses. Maintenant ça dépend du pan dans lequel on se situe, si l’on se situe du côté de Old School ou alors au niveau des contemporains. Du côté des praticiens d’expression anglaise ou d’expression française.

Les figures marquantes anciennes

Au niveau de la Old School je ne vais pas blasphémer en ne citant pas le nom de Guillaume Oyono Mbia tout le monde le connaît. Certaines personnes ne partageront peut-être pas mon avis, il ne doit donc pas être considéré comme une vérité immuable. Je vais aller au niveau des auteurs et des metteurs en scènes. Pour les auteurs je vais citer ; Werewere Liking ; Patrice Ndedi Penda qui a beaucoup écrit. Je vais citer Protais Asseng, il a écrit deux belles œuvres : Trop c’est trop et  L’homme femme.

Au niveau des metteurs en scène je vais citer Ambroise Mbia, Jean Minguele, Keki Manyo, Jacobin Yarro… Malheureusement je ne peux pas parler des metteurs en scène avec conviction parce que je ne les ai pas connus pour la plupart, et bien plus leurs œuvres. Et ça pose un pan du problème de notre théâtre parce qu’elles sont rares ou inexistantes les d’archive visuelles permettant de voir les visages des anciens spectacles des années 7O’, 8O’, 90’. Il m’est impossible d’omettre Joseph Kono Ateba qui a beaucoup œuvré pour la mise en radio des textes de théâtre camerounais.

Au niveau des auteurs d’expression anglaise de la Old School, je citerai Sankie Maïmo, le pionnier, Victor Elame Musinga, Bole Butake et bien entendu Bate Besong.

Les figures marquantes contemporaines

Concernant les contemporains je vais citer un peu par dédicace. Quelqu’un avec lequel je travaille et que j’admire beaucoup : Landry Nguetsa. L’ayant côtoyé personnellement depuis plusieurs années, je trouve qu’il apporte beaucoup au théâtre. Il se bat dans un contexte où ce n’est pas toujours évident de lever la tête. Il a beaucoup de talent. C’est un bon metteur en scène et il a un très bon CV. Et maintenant il est l’arbre qui cache la forêt de talentueux hommes de théâtre de la nouvelle génération.

Je vais citer ces hommes de théâtre, qui sont généralement metteur en scène et auteur. Je vais citer globalement : Martin Ambara, Edouard Elvis Bvouma, Sufo Sufo, Hermine Yollo, Eric Delphin Kwegoué, Wakeu Fogaing, Kouam Tawa… ils sont nombreux qui marquent beaucoup. Ils essayent d’impacter la chaine théâtrale. Et au niveau des anglophones indubitablement Anne Tanyi-Tang qui est décédée il y a bientôt un an après nous avoir légué une quinzaine d’œuvres théâtrales textuelles couplées à des mises en scène. Elle est jeune, beaucoup le diront mais il me plaît de citer également Lisette Nange. Elle qui écrit, qui joue, qui met en scène, qui se bat à donner un peu de visibilité au théâtre camerounais d’expression anglaise qui souffre toujours d’un manque de reconnaissance et de visibilité.

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Je ne pourrais terminer de répondre à votre question sans citer un jeune Camerounais très peu connu. Il est romancier et il est surtout auteur de théâtre et il est infirmier. Il s’appelle Olivier Ngah. Je l’ai découvert il y a quelques années. Il a écrit environ 20 œuvres voire plus qu’il a publié chez L’Harmattan, chez Luppepo, chez Edilivres, et qu’il autoédité chez Wordon pour certaines. Au-delà de toute considération esthétique, c‘est un passionné de théâtre, ma foi le dramaturge le plus prolixe de ce 21ème siècle.

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