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Dossier

Intimate Worlds/Words of Artists (IWA) : dans l’intimité de quatre artistes humanistes

Intimate Worlds/Words of Artists IWA - Moutoumbou

La première édition du « Intimate Worlds/Words of Artists » (IWA) s’est tenue le 24 juillet dernier à Douala à Bonassama au somptueux et romantique lieu-dit Les Palétuviers Matanda. Sous la direction du promoteur du projet Frad’art, David Tchidjé, l’IWA à rassembler des artistes et le public dans un cadre épuré et privé. Tour à tour, Elie Walter Ngambi (NEW), Wilfried Mbida, Zak Ndam et Tally Mbok se sont livrés au plaisir de la confidence dans une ambiance de partage. Tout en projetant leur qualité d’artiste, ils ont comblé la curiosité d’un panel de fouineurs très gaie.

Elie Walter Ngambi : le père de famille en perpétuelle recherche

Elie Walter Ngambi - IWA

Le temps d’une rencontre, Elie Walter Ngambi s’est improvisé efficacement poète et slameur. Il a savamment accordé son discours intime au rythme de la guitare de Brad pour partager son rapport à la famille et à l’art. Il concilie ses identités d’artiste, d’époux et de père dans le cercle de la valeur humaine qui prime, selon lui, sur les individualités. « Heureusement que je suis homme, alors je l’exprime depuis le premier souffle jailli de la matrice protectrice d’une mère […] Je le suis davantage, parce que mari et père, qui conjure ce bonheur avec le délire d’être Artiste » avoue-t-il fièrement.
Dans l’humilité qui le caractérise, Elie Walter Ngambi, s’est dévoilé pointu dans la recherche. Une recherche des vies, des saveurs, des aspirations, des sensibilités, des histoires passées et des possibilités. En tant qu’Africain dans son quotidien, il a invité l’auditoire à honorer la généalogie, à prendre attache avec les générations précédentes. En des mots simples et par un ton posé, il a apprivoisé des jeunes et des adultes totalement emportés par le respect qu’il inspire.

Wilfried Mbida : la dame secrète

 

Wilfried Mbida

Entrer dans l’intimité d’un peintre peut être une voie difficile à entamer. Les personnes présentes à l’IWA l’ont bien compris avec Wilfried Mbida. Celle qui n’éprouve aucune gêne à être prise pour un homme à cause de son nom, s’est montrée touchante et implacable. « Femme artiste, j’aime passer inaperçue, j’aime me fondre dans la masse. Ça me plait bien. J’aime juste laisser parler mon travail. Pour moi la seule chose qui doit parler c’est mon travail et ensuite je peux apparaitre. Mais si mon travail ne parle pas avant moi, je ne trouve pas ça intéressant » a-t-elle précisée dès sa prise de parole.
Mais, grâce à la persistance de Sylva Ebelle, le chef d’orchestre de la soirée, elle a dévoilé une infime partie d’une vie qui l’a rendue forte et discrète. Orpheline et fille aînée, elle a trouvé en l’art un lieu d’expression où il est confortable de s’exposer. Elle envisage difficilement une vie de couple dans laquelle elle aurait à s’effacer, à privilégier son foyer à son art. Sans être féministe, elle défend la liberté pour la femme de choisir entre une vie de foyer traditionnelle et une vie professionnelle épanouie.

Zak Ndam : le philosophe généreux

Zak Ndam

L’échange avec Zak Ndam a été un moment à la fois instructif et motivant. Il s’est fait au cour de la soirée, plus philosophe qu’artiste. Il a donné de sa personne avec une vivacité entrainante. C’est toute l’assemblé qu’il a su guider dans sa vision humaniste du monde. L’inventeur du concept de la « spiriculture » a fait la promotion de l’Amour dans la Rencontre pour la Transcendence ou plus simplement de l’amour du partage.
Ainsi, il a partagé des expériences profondes et personnelles, des révélations intimes et intrigantes, des souvenirs d’enfance palpitants. De sa vie de famille, il a dit toute la reconnaissance qu’il a envers elle. « Zak Ndam est un père de famille ; marié depuis plus de vingt-quatre ans ; d’une épouse que j’adore, qui est une femme ange ; père de sept enfants : quatre garçons et trois filles. Eux aussi c’est des anges […] Zak Ndam est un élève de l’univers. Zak Ndam est passionné de la vie. Zak Ndam aime la vie » a-t-il clamé avec diligence dans sa présentation.
Les participants, à cette première édition de l’IWA, ont découvert un artiste d’une générosité et d’une sagesse particulière. On pouvait lire une grande admiration et un vif étonnement dans le regard des hommes et des femmes présents.

Tally Mbok : le chercheur culturellement engagé

IWA

Tally Mbok a la parole

Le naturel de Tally Mbok a tout de suite revitalisé le public. Sans détour, il a introduit son intimité par une salutation traditionnelle. Bantoue confirmé et assumé, l’artiste a dit les choses comme elles viennent et comme elles sont pour lui. Il a raconté ses désaccords familiaux et scolaires, ses défis passés, ses peines de cœur, son parcours de vie personnelle et son train-train quotidien.
« Ma vie tourne autour de la recherche (cette recherche que j’ai commencé à quatorze ans), le questionnement, la remise en question. Parfois je remets en question mes propres remises en question. Donc je me demande pourquoi est-ce que je me questionne, pourquoi est-ce que je remets en cause mes propres questions ». Tally Mbok expose ainsi, avec beaucoup de conviction, le principe d’ouverture d’esprit qui enrichit et diversifie son art.

Les artistes se dévoilent

L’échange avec l’artiste pluridimensionnel a été ponctué de rires et de réactions spontanées. Vers la fin de l’IWA, la soirée prenait les allures d’un talk-show complètement hilarant avec des questions et des réponses déjantées.

Les Palétuviers Matanda

Enfin, les artistes ont été réunis sur une même ligne pour la dernière phase d’échanges. Ils ont pu, entre-autre, affirmer toute leur désapprobation, leurs inquiétudes et leur déception au sujet de la loi 1076 régissant les associations artistiques et culturelles au Cameroun. Après des remerciements empreints d’émotion du promoteur de l’évènement David Tchidjié et la photo de famille, la soirée s’est officiellement close. Cependant, la connexion entre le public de cette édition de l’IWA et les artistes était telle que chacun voulait rentrer avec un souvenir personnel. Il y’avait plusieurs possibilités : aborder les artistes, prendre des photos avec eux, s’approprier un exemplaire de L’art d’être humain, de le faire dédicacer ou, mieux encore, saisir toutes ces possibilités à la fois. Le rendez-vous est pris pour le prochain IWA.

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